Archive pour 4 mai 2008

ayé on est rentrés !

Dimanche 4 mai 2008

Oui je sais, j’aurais du poster un peu avant puisqu’on est rentré Jeudi vers minuit, mais bon il y avait pas mal de boulot à la maison (la jungle à tailler à la machette avant la tondeuse, dormir, le ravitaillement, dormir, se remettre sur le bon fuseau horaire, dormir, tout ça).

Point de photos ce jour mais je profite du blog pour narrer notre retour épique…
Nous partîmes 4 de la maison, avec une bonne heure et demi d’avance, pour l’aéroport, situé à quelques kilomètres de notre lieu de villégiature.

Nous arrivâmes tranquillement au comptoir, sachant que nous avions exactement les mêmes bagages qu’à l’aller, c’est-à-dire une seule valise de dimensions qui imposent le respect certes, mais dont le poids n’excédait pas le total de ce qui nous est autorisé, c’est-à-dire 50kg.
La même chose qu’à l’aller donc, et c’est la même compagnie, donc aucune raison de se faire du mouron (alors celui-là, si je trouve comment on dit en arabe, je ne vois même pas de raison de le retenir une seconde).

Mais c’était sans compter sur les ajustements locaux, et là, à ma grande stupeur, et, je dois le dire, un peu d’énervement, l’employé refuse notre valise car selon lui une valise ne peut dépasser 32kg.
Même en lui brisant les 2 genoux sur place (ce qui est, tu en conviendras, ami lecteur, le minimum pour une telle effronterie), le bougre ne change pas d’avis, trouvant certainement là l’occasion de pouvoir discuter toute la soirée avec ses amis de comment il a fait rater l’avion à une famille.

La réaction du groupe familial fût exemplaire : après avoir cassé la clavicule de l’employé réfractaire, nous décidâmes avec le papa de Mariem de prendre les dispositions nécessaires en nous retirant de la vie aéroportuaire en partant au plus vite de cet endroit et de prendre la voiture (une R19 essence dont le moteur, bien qu’affichant 179000 km au compteur, ronronne superbement) afin de nous rendre promptement à la ville la plus proche (13 km tout de même) pour faire l’emplette d’une valise secondaire dont le but ultime sera d’être le récipiendaire d’un transvasement d’une partie du fret de la première valise dont nous avons parlé au début de ce post.

Je prends donc la voiture et, beau-papa à côté de moi – car il n’aime pas trop conduire – nous partîmes vers Beni Drar (non, par Bernie Drar (job joke inside)).
Ayant respecté toutes les limitations d’usage pendant les 10 jours de notre séjour, il se trouve quand même qu’on ne disposait que d’une heure pour faire l’allez-retour et les emplettes, je décide donc d’appuyer un peu sur le champipi, le chamgnongnon, bref, le champignon.

Et évidemment, ce qui devait arriver, arriva.

Je me suis fait taper par le seul radar mis dans un rayon de 300 km. 3 voitures, moi le dernier, tous à rouler à 60 dans une zone limitée à 60, et bien non, poum, paf, pastèque, je me fait siffler et arrêter.
Damned.

Je pense au temps qui coule et me dit qu’une négociation express de beau-papa serait la bienvenue, ce qu’il commence à faire sans tarder, ayant lui aussi à l’esprit le peu de temps qu’il nous reste.
Et là, c’est le drame.

Le flic non seulement ne veut pas vraiment discuter mais s’approche de la voiture et me demande mon permis, et… Catastrophe, je l’ai laissé à l’aéroport avec tous mes papiers, les passeports, tout !
Et beau-papa essaie de me traduire avec le plus de calme possible que la voiture est immobilisée et va être mise à la fourrière.

Je sens que tout s’écroule et que c’est la cata, je me vois déjà en train de courir 6mk pour rentrer à pied à l’aéroport et vider la moitié de la valise par terre, ou en train de téléphoner à mon patron pour lui dire que par inadvertance je ne rentrerais que mardi prochain…
Et bien non !
Foi de Bachir, ça ne se passera pas comme ça !

Il s’isole un peu avec celui qui maintenant m’apparaît nettement comme étant le maillon d’une gigantesque machination internationale visant à m’empêcher personnellement de quitter le territoire marocain, et, au terme d’une négociation express de 6 minutes dont je ne saurais rien, reviens en me disant « c’est moi qui conduit ».

Sous le coup de l’émotion, nous repartons à allure modérée et arrivons à Beni Drar.
Nous commençons à faire les boutiques assez rapidement car tout cela nous a mis en retard, et les 2 premières boutiques demandent trop cher, Bachir n’a pas assez sur lui !! Je me demande vraiment comment tout cela va finir…

A la fin, nous tombons sur une petite boutique avec une petite valise, négociation express de moins de 25 secondes (cet homme est véritablement impressionnant) à base de papapapa et de « je viens tous les vendredi je te ramènes le reste vendredi » et de « mais regarde tu ne voudrais quand même pas qu’il rate son avion ? tu veux vraiment que ce soit ça qui arrive ? » (comme quoi Sarko n’a rien inventé :) ) et nous repartons avec la valisette en courant (ce n’est pas une image, on a vraiment couru !), puis vers l’aéroport.

Nous arrivons moins de 10 minutes avant la fin de l’embarquement devant l’aéroport, la voiture s’arrête, je cours avec la valise vide (Bachir nous rejoindra plus tard), j’entre dans l’aéroport, on ouvre la grosse valise, on transfère à l’arrache ce qu’on trouve de plus lourd, on pèse, c’est bon, c’était déjà pré enregistré par Mariem (heureusement), on arrive devant la douane, on fait les bisous, les au revoir, tout ça… Et ils ferment la porte.

On a eu drôlement chaud :)

Plus tard, quand on arrivera sur Paris et que Mariem aura ses parents au téléphone, elle m’expliquera qu’après tout ça, pendant qu’on montait dans l’avion, ils sont allés au café, et n’ont rien fait que de partir dans une crise de fou rire, le retour de l’émotion causée par toute cette histoire…

Bon finalement on est là hein, donc on va pouvoir recommencer à publier des photos et des histoires, et notre petite Donia d’amour va continuer à grandir et à nous faire marrer…
Et tu seras au courant de tout cela, évidemment, ami lecteur !


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