Archive pour 12 juillet 2007

Donia J+276

Jeudi 12 juillet 2007

Aujourd’hui l’enfant m’a surpris d’une façon inopinée. Remettons en situation : je pars avec Donia sous le bras à Carmouf pour faire quelques courses, éventuellement lui acheter de quoi la vêtir légèrement durant les mois chauds qui ne manqueront pas de survenir (enfin, dès que le temps de l’été sera venu :) )

Après quelque temps passé dans ce paradis des enfants (fixée dans un caddie à déambuler dans des rayons sordides, je pense qu’il doit y avoir mieux), Donia ne trouve rien de mieux à faire que d’avoir faim. Quelle curieuse manière de marquer sa désapprobation, ne manquera pas de se dire – concentré, mais attentif – le lecteur de ce blog.
En effet.

Malgré tout, je décide de façon unilatérale (étant seul avec Donia) de ne pas me laisser emporter à l’exécution d’un arbitrage aussi rapide que définitif qu’est la sortie du susdit magasin, mais je feinte adroitement en achetant un paquet de boudoirs pour bébé (c’est comme un boudoir, en fait, mais pour bébé. Non, en fait ca ressemble à un boudoir mais c’est plus petit pour que les bébés puissent le prendre, et c’est plus dur aussi – NDB) et en – première fois que je fais ce genre de manipulation dans un grand magasin – l’ouvrant sur place pour donner un de ces comestibles objets, afin de calmer l’impatience compréhensible mais néanmoins imprévue du bambin.

Donia s’en saisit avec une dextérité proche de celle d’un crabe de modeste calibre, mais avec une capacité de préhension suffisante pour approcher l’oblongue objet de ce que d’aucun qualifieraient de bouche.

Un court laps de temps s’écoule (genre 3 secondes) et déjà le poupon rejette avec rapidité qui ne laisse pas de doute sur le goût qu’elle attribue au met, à savoir : pas bon.
Je saisis cependant une certaine nuance dans ce geste provocateur : il me semble en effet déceler une certaine méfiance par rapport à 2 caractéristiques, la première étant la comestibilité de l’engin, et la seconde sa densité un peu trop importante pour des dents certes présentes mais manquant certainement de la maturité suffisante pour pouvoir le mastiquer convenablement (mseqqem en arabe :) je sais, je profite adroitement de la situtation pour t’apprendre, ami lecteur, un mot d’un dialecte insolite).

Réagissant avec la célérité qui me caractérise (et qui n’est pas sans expliquer le succès de mon élévation au rang de consultant), j’attrape le bout de chose et le porte à mon orifice buccal en faisant mine de le mastiquer à mon tour et en marquant sur mon visage l’expression d’un épanouissement culinaire total, soulignant ainsi mon désir absolu d’absorber l’objet mais le sacrifice du père responsable qui laisse à son enfant la nourriture dont il a besoin plus que lui.

Donia reprend donc le boudoit que je lui tends, et le porte à nouveau à la bouche. Et là, c’est précisément à ce moment là que l’incroyable se produit. La marque d’une stupéfiante intelligence, le sceau des plus grands, la mise en oeuvre d’un redoutable mécanisme de pensée : Donie se met à expectorer de façon tangentielle sur le biscuit. Elle lui crache dessus, quoi.

Mon premier réflexe est de soupirer façe à l’étendue du gâchis qui va se produire incessament, imaginant déjà le cadavre d’un demi-boudoir lancé nonchalamment, gisant à terre, la façe recouverte de crachats, triste fin pour un boudoir qu’on venait à peine de libérer de sa prison emballagesque.

Et bien non !! C’est là que l’inattendu se produit et que la marque, le seau et la mise en oeuvre dont je parlais précédemment s’expriment dans toute la quintessence de leur pouvoir : Donia REMANGE le boudoir !

Et c’est là que me vient l’éclair, la révélation : tout ceci est absolument prémédité ! Donia a craché sur son boudoir trop dur pour le ramollir, afin de pouvoir le suçotter tranquillement et ainsi échapper à l’étape mastiquatoire qui la rebute !

Très honnêtement, j’ai du interrompre mon trajet inter-allées de manière temporaire, afin de constater que je ne m’étais pas trompé et que je venais bien de me faire bluffer.
Franchement, cette enfant m’épate de jour en jour.

Voilà, maintenant des photos :)


Elle vient de prendre son médicament, d’où certaines traces qu’on peut apercevoir ça et là sur son beau visage.


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